Le huitième webinaire mensuel des Mardis de la réussite reçoit le 7 avril 2026 à 12h Jean-Luc Velay, chercheur au CNRS, pour des échanges sur comment l'apprentissage de l’écriture manuscrite façonne le cerveau des élèves en créant une mémoire sensorimotrice : et si nous n’écrivions plus à la main ? Quelles conséquences sensorimotrices, cognitives et cérébrales ?
Avec l’avènement d’internet, des téléphones mobiles et autres tablettes numériques, l’écriture manuscrite est, semble-t-il, de moins en moins utilisée par les adultes. Elle reste cependant enseignée et pratiquée à l’école, mais pour combien de temps encore ? L’écriture manuscrite serait-elle frappée d’obsolescence et devrait-elle être remplacée dès l’école par cet outil plus moderne qu’est le clavier ? C’est une idée qui est parfois avancée car elle permettrait de libérer du temps d’apprentissage scolaire pour d’autres matières. Mais est-ce pour autant une bonne idée ?
Les études de neurosciences cognitives montrent que le mouvement de la main que les élèves apprennent à contrôler dans l’écriture manuscrite façonne leur cerveau en créant une mémoire sensorimotrice. Cette mémoire est utile ensuite pour la reconnaissance des caractères alphabétiques et probablement pour la lecture. Mais, au-delà du langage, la pratique de l’écriture pourrait également être impliquée dans nos capacités motrices et nos représentations spatiales.
Ne plus écrire à la main se traduirait par des changements multiples dans les fonctions cognitives humaines.
Jean-Luc Velay, est chercheur au CNRS, associé au Laboratoire de neurosciences cognitives à Université Aix-Marseille. Il est l’auteur de nombreux articles sur l’apprentissage et les troubles de l’écriture et, plus largement, sur les relations écriture/cerveau.
Comme chaque session, cette intervention d'une trentaine de minutes, suivie d’un temps d’échange. Ces rencontres sont ouvertes à toutes et tous : étudiants, personnels, partenaires.
Publié le 31 mars 2026