Développement durable et enseignement supérieur

Origine du développement durable

L'idée d'un développement durable prend ses origines au cours des Trente Glorieuses, période qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale durant laquelle la majorité des pays développés connurent une forte croissance continue. Dès les années 1960, quelques spécialistes se penchèrent sur la question de cette perpétuelle croissance et de ses limites, et surtout sur l'impact de ce développement continu sur l'environnement et de nombreux aspects sociétaux. Les premières limites de cette croissance apparurent brusquement suite au choc pétrolier survenu en 1973, choc marquant la fin des Trente Glorieuses, qui sera suivi d'un nouveau choc pétrolier en 1979.

 

Ces chocs pétroliers ont mis en perspective qu'une croissance économique fondée sur l'abondance des énergies fossiles ne pourrait se poursuivre perpétuellement, le pétrole étant comme tout comme les autres ressources terrestre en quantités limités non renouvelables. En parallèle, les inégalités entre pays riches et pays peu développés ne cessent de s'accroître, laissant craindre de ne plus pouvoir maintenir un "équilibre relatif" à l'échelle mondiale et l'apparition de tensions géopolitiques.

 

Naissance d'un développement durable

 

Le concept même de développement durable fit sa première apparition lors de la commission mondiale sur l’environnement et le développement qui eu lieu en 1987, dans le rapport Brundtland. Il est défini comme « un développement susceptible de satisfaire les besoins de la génération actuelle sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs ». Cela s’inscrit dans une perspective dynamique mettant l’accent sur un processus de changement.

 

Le deuxième sommet de la Terre se déroulant à Rio en 1992 fut l’occasion pour 173 chefs d'État de prendre des décisions en matière d’environnement. Cette conférence donna lieu à l’adoption de la convention de Rio et à la mise en place de l’Agenda 21 (programme d’action pour le 21ème siècle orienté vers le développement durable). Ce dernier a pour but de lutter contre la pauvreté et les exclusions sociales, de produire des biens et des services durables et, de protéger l’environnement. De ce fait, le développement durable repose sur trois piliers fondamentaux : l’environnement, l’économie et le social. En réalité, il se situe à l’intersection de ces trois sphères.

 

Depuis quelques années, les craintes des conséquences du changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles, les écarts entre les pays développés et ceux en voie de développement tout comme la disparition de la biodiversité sont autant de problématiques actuelles auxquelles il s’avère urgent de répondre. Face à ce constat alarmant, le développement durable (ou soutenable) apparait comme une réponse de tous les acteurs pour maintenir un développement équitable des sociétés tout en préservant l’environnement.

 

Le développement durable et les universités

 

En France, le Grenelle de l’environnement de 2007 établit que « les établissements d’enseignement supérieur élaboreront, pour la rentrée 2009, un « Plan vert » pour les campus. Les universités et grandes écoles pourront solliciter une labellisation sur le fondement de critères de développement durable » (article 48, loi Grenelle I).

 

Le Grenelle Environnement présente neuf défis à relever :

  • Changement climatique et énergie propre
  • Transports et mobilité durables
  • Consommation et production durable
  • Conservation, gestion de la biodiversité et des ressources naturelles,
  • Santé publique et gestion des risques
  • Insertion sociale, démographie et immigration
  • Défis internationaux et pauvreté dans le monde
  • Société de la connaissance (éducation, formation, recherche et développement)
  • Gouvernance et territoires.

Un référentiel et un canevas Plan vert reprenant certaines de ces thématiques a été créé suite à un travail collectif, réunissant en autres la Conférence des Présidents d'Université et des Grandes Écoles (CPU-CGE), le ministère de l'Environnement et divers mouvements étudiants comme le REFEDD. Ces deux documents servent de point d'ancrage et d'outil d'évaluation pour mettre en place une politique de développement durable au sein d'une université ou une grande école.

 

À cet effet, l’université de Nîmes s’est engagée à mettre en place un Plan vert au sein de son établissement. UNÎMES engage de nombreuses actions allant dans le sens du développement durable (mise en place d’un Agenda 21, tri des déchets, économies d'énergies, épicerie solidaire, etc.).

Publié le